ARTISTE: DELTA SAXOPHONE QUARTET
ALBUM: DEDICATED TO YOU
LABEL: MOONJUNE
PAYS: ROYAUME-UNI
STYLE: SOFT JAZZ
ANNEE: 2007
DUREE: 57:00 min
NOTE:
De prime abord, The Delta Saxophone Quartet
est un autre quatuor tant il y’en a tant de nos jours, baignant dans
une sphère de Free Jazz assez large pour permettre d’y fourrer autant
de formations musicales que de bras cassés au piètre niveau.
Mais
ce qui différencie cette formation de la majorité des autres, est cette
qualité, voir condition sine qua none qui succombe à tout bon groupe de
jazz, à savoir cette ouverture d’esprit musicale qui leur permet
d’élargir leur frontières sonores et nous offrir quelque chose d’unique
et de d’enchanteur presque. Et pour cela, ils ont choisis de reprendre
des titres de Soft Machine, en y rajoutant l’empreinte d’une légende, que dises, d’un dieu vivant à savoir Hugh Hopper, bassiste de cet impérissable band, et qui furent les précurseurs d’un style, le Jazz Rock
avec un son progressivement d’avant-garde. Tout cela ne peut qu’augurer
d’un album imprégné de cette couleur, mais avec un son savamment
orchestré par et avec le style de The Delta Saxhophone Quartet, preuve
en est le second titre « Facelift », où l’apparition de loops et une
ligne de guitare bass électrique, nous envois littéralement dans un
espace clos et sombre, où se mêlent les talents de Hugh Hopper et sa
condescendance musicale reconnue, Graem Blevins et son Soprano Saxophone, Tim Holmes au Tenor Saxophone, Chris Caldwell au Baritone Saxophone, et enfin Pete Whyman
et son Alto Saxophone. Ne vous méprenez pas en croyant que je débite
tout cela fortuitement. Chaque membre apporte un son unique aux
compositions de The Delta Saxophone Quartet, ce qui donne au final un
rendu sonore d’un capharnaünisme d’une efficacité diablement
redoutable. Et cela s’enchaîne ensuite avec une piste dont le titre est
d’une longueur maladive, "Somehow with the passage of time…Kings & Queens 33 years later", et avec un titre aussi équivoque, que le son qui y est produit. Et à la mi-galette se trouve la 7iéme plage, "Outrageous Moon", qui vit la participation de Morgan Fisher,
qui rapporte une dimension vocale à cet album, et aussi et surtout
l’ajout de samplers, de hurdy gurdy et un background électronique, qui
lorgne plus vers un son électrique, qu’un simple son de saxophones
vierges. Tout cela nous permet de reprendre avec sérénité le reste des
titres, qui à partir de la onzième piste jusqu’à la quatorzième, ne
dépasse jamais les 2 :58 à son maximum et la 1 :32 à son minimum. Un
condensé savamment égoutté !
The Delta Saxophone Quartet, est un
ensemble talentueux, preuve en est leur résidence musicale à la
Kingston University de Londres, sans oublier qu’il est aussi flexible,
ouvert et inspiré. En ces temps morose, cet album est conseillé à tout
amateur de bon jazz quel qu’il soit, et à écouter surtout au coin d’une
cheminé, tout seul, sans rien d’autre, et profiter de ces 57minutes de
pur envoûtement.
En fin de compte, cet album n’est pas seulement
constitué d’un best of des meilleurs titres de Soft Machine, performés
par The Delta Saxophone Quartet, mais c’est plus ce qu’aurait vraiment
pu être ces titres, si à l’origine ces deux formations anglaises
avaient été réunies ensemble, dés le début. La musique émanant de cet
album est un tribute à Soft Machine par le biais du son unique de The
Delta Saxophone Quartet. Cet album est sans doute, un des meilleurs de
cette année 2007 qui vient de s’écouler.
CHRONIQUE PAR: BADR BOUANANI
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