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THE SMASHING PUMPKINS "Mellon Collie and the Infinite Sadness"

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14-03-2008
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The Smashing Pumpins - Mellon Collie and the Infinite Sadness

ARTISTE: THE SMASHING PUMPKINS

ALBUM: MELLON COLLIE AND THE INFINITE SADNESS

LABEL: VIRGIN

PAYS: USA

STYLE: ROCK ALTERNATIF

ANNÉE: 1995

DURÉE: 121:50 MINUTES

NOTE: Note: 9/10


Quitte à paraître (vous choisissez), je vous souhaite la bienvenue dans une autre dimension. Une dimension où ce n'est pas l'espace-temps qui se métamorphose, mais le Son. Et le Créateur de ce nouvel univers sonore se nomme Billy Corgan.

Au commencement, il créa Gish (1991). Pour attaquer le changement, il avait besoin tout d'abord d'une assise rythmique atypique pour le rock, un rouleau compresseur qui puisse tout écraser sur son chemin sans "poum tchak poum tchak" charlestonien. Il la trouvera sous le nom de Jimmy Chamberlain, batteur de Jazz inflencé par Benny Goodman, Duke Ellington, Gene Krupa et Buddy Rich, mais aussi John Bonham et Keith Moon. Pour assurer des secondes guitares "psychédéliques", rien de tel qu'un guitariste à la tête justement japonaisement psychédélique: James Iha. Pour clore l'équipe singulière, une blonde aux allures de poupée pantin : D'Arcy Wretzky à la basse. C'est le début d'une composition basée sur l'alternance "moment fort, moment calme, moment fort". Ce fut le premier jour. Corgan vit que cela était bon, mais il en fallait plus.
Le deuxième jour, les moyens "économiques" étant plus importants, il s'arma de tout ce qu'il pouvait trouver pour enfin contruire sa nouvelle dimension sonore : une 150 aine de pédales d'éffet pour guitare, des effets de studio en rack, notamment l'Eventide Harmonizer H3000, qui crée les ambiances les plus dingues qui aient jamais existé, et comme maçon - producteur et ingénieur du son pardon - Butch Vig, qui vient tout juste d'enregistrer l'explosif et surtout "proprissime" Nevermind de Nirvana. Le résultat est écrasant. Les Big Muffs (pédale de distortion) mixées Gauche/Droite sont un des infinis secrets de ce Gigantesque Punch sonore (cf "Quiet"). Corgan exploite tout ce qu'il possède, et comme le Numérique vient tout juste d'arriver dans les studios, permettant de repousser toutes les limites de la bande analogique, il ira jusqu'à enregistrer 40 pistes de guitares pour un seul morceau! ("Soma") L'album s'appelle Siamese Dream. (1993) Ce fut le dexième jour. Corgan vit que la Nouvelle Dimension Sonore avait pris forme, et qu'il pouvait alors finir son oeuvre.
Le troisième jour, il décida de faire ce que sa maison de disque jugea comme "suicidaire". Réaliser un double album, à partir des 57 chansons qu'il avait composées après la tournée de Siamese Dream: j'ai nommé "Mellon Collie & The Infinite Sadness".
Pour commencer, Corgan change de producteur, expliquant que le fait qu'il connaissait trop bien Butch Vig tournerait à son désavantage. Il s'entoure de Flood et Alan Moulder.
En s'enfermant au studio, il va déchaîner toute sa puissance créatrice. C'est l'apogée de sa Nouvelle Dimension Sonore.
Cette Nouvelle Dimension Sonore s'explique d'abord par la nature de la composition de Billy Corgan. Il s'agit d'une écriture Intimiste, à l'opposée de l'écriture "Rock'n'roll" ; Corgan ne compose pas en groupe en déballant des riffs que le batteur va suivre tout comme le bassiste et le reste du groupe. Non. Corgan répond à une écriture solitaire, Réfléchie, pensée, travaillée, "à la lueur d'une bougie" ; il écrit la musique comme d'autres écrivent des vers : il a le souci de la PERFECTION, et cela dans un style "Romantique".
Flashback. Il faut savoir que le petit Billy n'est pas le beau-gosse de son lycée, et a connu toutes les conséquences liées au divorce de ses parents, à savoir l'abscence de son père, qui de plus le laisse s'occuper tout seul de son demi-frère atteint d'une arrièration mentale (cf "Spaceboy"). En grandissant il passe ses journées à jouer de la guitare, jusqu'à atteindre un niveau impressionant, ce qui est à la mode dans les années 80. Mais il privilégie toujours la musique à la virtuosité.
"Nous sommes le résultat de notre passé" disait H.Hesse, et le résultat du passé de Corgan, c'est Mellon Collie.
Corgan est aussi et surtout un Bosseur invétéré, à la recherche de nouveaux horizons, de nouvelles formes d'expression. Pour ce faire il va amasser le maximum de machines existantes ; TOUT ce qui peut produire du son est bienvenu. Son arsenal se compose alors d'au moins 150 pédales d'effet, des Synthétiseurs qui vont faire leur apparition, des Mellotrons, le H3000 qui va être poussé dans ses derniers retranchements.
Le but de Corgan étant de créer des nouvelles sonorités, il va utiliser ces machines pour créer des nouveaux sons de violon ("Mellon Collie & The Infinite Sadness"), de harpe ("Cupid de Locke"), clavecin ("We only come out at night"), guitares ("Love").
Les 6 cordes toujours à la Big Muff sonnent "lick", tout comme la batterie de Chamberlain. Tout sonne "Artificiel" sans l'être.
A côté de toutes ces machines, il y en a une sans laquelle les Pumpkins ne seraient rien : Jimmy Chamberlain, et ça Corgan le sait. Ce batteur est le seul membre du groupe à qui Corgan laisse une entière liberté. Son jeu de batterie à lui seul mériterait une chronique entière. Il se différencie du jeu classique de batterie "poum chak" en evitant aux maximum la Charleston aux baguettes, et en la rythmant toujours au pied, laissant toutes les autres cymbales de sa gigantesque batterie s'exprimer. Le seul prétexte à tapper la charley avec la baguette est de créer le "tssst tssst" dû à l'ouverture-fermeture de la cymbale, élément intrinsèque au son Chamberlain. Son jeu avec le tom bass est un autre de ses éléments stylitiques ("Bullet with butterfly Wings", "Tonight,Tonight"). Le summum de sa maîtrise est exprimé à travers sont utilisation du rim-shot à la fin de ses subtils roulement de caisse claire ("Tonight, Tonight", "Jellybelly" ).
 
LES TEXTES, L'ARTWORK
Le Double album est donc séparé en 2 disques, "Dawn to Dusk" (de l'aube au crépuscule) et "Twillight to starlight (du crépuscule à la lumière des étoiles). Le titre de l'album est lui même annonciateur. Le jeu de mot incompréhensible sur "Mellon Collie" annonce le côté cinglé et "The Infinite Sadness" prévient quant au thème de l'album, très cher à Corgan : l'Amour, et comme c'est un Romantique (...), c'est un amour qui ne peut que passer par la souffrance.
Les textes sont le mirroir de la musique ; il sont à la fois poétiques, percutants, planants, abstraits, loufoques, berçants, pour évoquer toutes les facettes de l'Amour PASSIONNEL ("love is suicide" dans "Bodies"), passant par la haine ("An ode to no one"), le pardon ("To Forgive"), le Zénith ("Tonight, Tonight"), l'innocence ("Cupide de Locke"), la naïveté ("Beautiful", "Lily (my one and only)"), les conséquences d'une Alliance ("Thru the eyes of ruby"), sans oublier le pamphlet contre ce sentiment unviersel : "Love".
Mais les années 90 sont aussi celles de la DESILLUSION de toute une génération (connue sous le nom de Generation X), qui n'est pas sans rappeler celle que décrit Gerard de Nerval. Un titre comme "Here is no Why" suffit à mettre en conditions. "Muzzle" évoque quant à lui cette prise de conscience, de cette jungle noire "Where the Boys fear to tread". N'oublions pas qu'en ces années-là (si, vous savez, l'époque où l'on achetait des CDs), l'artwork (livret) a encore toute sa valeur, et ça Billy Corgan va encore une fois l'exploiter jusquà la moelle. Jamais le Pictural n'a été aussi proche de son contenu Musical, et Lexical.
Pour une couverture, comment faire plus romantique, pur, absolu, mais aussi emprunt de folie, délire, rêverie qu'une fusion entre Sainte Catherine d'Alexandrie de Raphael et d'une Jeune fille (portrait plus connu chez les Anglo-saxons, sous le nom de "Fidelity") de JB Greuze, sur un fond de nuit étoilée et d'astres?  C'est signé Frank Olinsky et.......Corgan.
À l'intérieur, ce sont des lapins qui jouent au Baseball dans un terrain où les spéctateurs sont de jeunes enfants, puis d'autres animaux domestiques qui fument le narghileh, des chérubins qui se balladent dans la prairie, des chats qui se marient, et des oiseaux qui s'envolent à bord d'un.....avion.
Mais ce qui frappe plus que le contenu des images, des collages, c'est leur GRAIN, qui à l'intérieur se rapproche de la peinture naturaliste d'Audubon.
 
LA MUSIQUE
Pour pénétrer cette Nouvelle Dimension Sonore, Corgan va exploser les conventions dès le début. L'auditeur habitué aux riffs de guitares d'un album rock, se retrouve avec une première chanson déroutante d'autant plus qu'elle est éponyme; qu'annonce "Mellon Collie and the infinite Sadness"? : 2min 52 d'un doux piano et de violons à moitié artificiels: Ici on fait de la musique avant tout.
S'ensuit "Tonight, Tonight", ou la promesse d'un amour qui peut se résumer par la dernière phrase "The impossible is possible tonight , believe in me as I believe in you, tonight". Poésie avant tout. Prêtez attention à la batterie et son jeu de charley et tom, ainsi qu'au "clac" à la fin d'un roulement de caisse claire sur deux.
"Zero" démontre l'efficacité rock du groupe, ainsi que le côté taré (solo de guitare à la Wahmmy).
"Here is no why", une ballade au refrain explosif, est la première chanson de l'album à dévoiler une des recettes préférées de Corgan : Pour qu'une chanson de rock puisse continuer à monter de façon orgasmique, il faut créer un moment de relâchement, afin de pouvoir repartir et recréer une explosion: c'est le concept d'alternance "moment fort/ moment faible/ moment fort".
"Love" , ou le "J'accuse" l'Amour à coup de guitares Flangées et le solo de guitare passé dans le H3000.
"Cupid de Locke" est la preuve de l'efficacité du jeu de Chamberlain, en mode "camoufflage": faites écouter la chanson à un ami et demandez lui de vous chantonner ce que je joue la batterie ; à tous les coups il vous répondra d'abord "y'a de la batterie?", puis "Je sais pas".
"Galapogos", une descente directe dans le monde de Corgan, et ses changements d'humeur.  
"Muzzle", implosive ballade rock, "time heals, but I'm forever broken." Notez le jeu de toms tout le long. "Thirty-Three", ou comment transformer une balladette de guitares acoutiques en chanson extraterrestre. "Thru the Eyes of Ruby", la chanson à 56 pistes de guitare!!!

L'album se clot avec 4 berceuses successives. Ces dernières ne sont pas sans rappeller l'enfance, car elles restent gravées dans l'esprit avec un son de véritable Boîte à Musique. Histoire de reveiller l'enfant qui est en nous. Je vous laisse découvrir le reste.
 
ImageCHRONIQUE PARART (Alexandre Raphaël Tartière)

Tracklist

Disc one: Dawn to Dusk
   1. "Mellon Collie and the Infinite Sadness" – 2:52
   2. "Tonight, Tonight" – 4:14
   3. "Jellybelly" – 3:01
   4. "Zero" – 2:41
   5. "Here Is No Why" – 3:45
   6. "Bullet with Butterfly Wings" – 4:18
   7. "To Forgive" – 4:17
   8. "Fuck You (An Ode to No One)" – 4:51
   9. "Love" – 4:21
  10. "Cupid de Locke" – 2:50
  11. "Galapogos" – 4:47
  12. "Muzzle" – 3:44
  13. "Porcelina of the Vast Oceans" – 9:21
  14. "Take Me Down" (Iha) – 2:52
Disc two: Twilight to Starlight

   1. "Where Boys Fear to Tread" – 4:22
   2. "Bodies" – 4:12
   3. "Thirty-Three" – 4:10
   4. "In the Arms of Sleep" – 4:12
   5. "1979" – 4:25
   6. "Tales of a Scorched Earth" – 3:46
   7. "Thru the Eyes of Ruby" – 7:38
   8. "Stumbleine" – 2:54
   9. "X.Y.U." – 7:07
  10. "We Only Come Out at Night" – 4:05
  11. "Beautiful" – 4:18
  12. "Lily (My One and Only)" – 3:31
  13. "By Starlight" – 4:48
  14. "Farewell and Goodnight" (Corgan/Iha) – 4:22

Membres

# Billy Corgan – lead vocal, guitar, piano

# James Iha – guitar
# D'Arcy Wretzky – bass, vocals sur "Beautiful" et "Farewell and Goodnight"
# Jimmy Chamberlin – drums, vocals sur "Farewell and Goodnight"
# Chicago Symphony Orchestra – orchestra sur "Tonight, Tonight"
# Audrey Riley – string arrangement sur "Tonight, Tonight"
# Greg Leisz – pedal et lap steel guitar sur "Take Me Down"

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