CHRONIQUES
THE STOOGES "Fun House"
THE STOOGES "Fun House" |
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ARTISTE: THE STOOGES ALBUM: FUN HOUSE LABEL: ELEKTRA PAYS: USA STYLE: PROTO PUNK ANNÉE: 1970 DURÉE: 36:40 MINUTES
NOTE: Le fameux dicton “l’élève dépasse le maitre” ne s’appliquera jamais à Funhouse, l’ultime album de pur Rock par les légendaires Stooges. Il est frappant de constater à l’écoute de cet album que tous les groupes autoproclamés punk ne sont que des enfants de cœur face aux géants de Detroit souvent inconnus des nouvelles générations. Savant mélange entre protopunk, garage rock, heavy metal, freejazz, psychédélisme et folie destructrice. Funhouse ne peut qu’être classé comme inclassable, mais une certaine pierre angulaire dans l’histoire du Rock, et une pièce indispensable pour tout prétendant a l’authenticité triomphante. Pour se placer dans le contexte, il est bon de rappeler que Funhouse est le crachat ultime des Stooges contre a ce qui a été ressenti comme une trahison des rockers de la fin des années 60 avec les excès du style progressif et des interminables suites en contradiction avec l’essence du riff et du groove. Jamais une déferlante aussi violente n’a été ressentie depuis les envolées de Hendrix, les incantations de Jim, et les prêches enflammées de MC5. Funhouse se distingue rapidement par une rare symbiose entre les différents membres du groupe et des sons perçus de part et d’autre. Non seulement le travail de groupe est exemplaire, chaque musicien est un héro dans son domaine. Les roulements de batterie de Scott Asheton sont parfaitement calibrés sur la basse dynamiteuse de Dave Alexander. Ron Asheton, guitare hero maitre de la wah-wah fuzzée, nous gave tout au long de riffs plombés et de hargne visqueuse et caverneuse. Et enfin Pop, l’inventeur du Stage Diving, mémorable pour ses déchainements sur scène, a visiblement pris décharge de fureur et d’acharnement comparé au premier Stooges en 1969. Et pour couronner le tout, rien n’a été laissé au hasard. Les introductions et conclusions sont toutes des chefs d’œuvres incontestés de l’histoire du Rock, maniant ingéniosité et simplicité. Passons maintenant à une étude en profondeur: L’album annonce sa couleur dés le départ en nous entrainant dans une familière dimension énergétique, sombre, sale et impossible à stopper. “Down in the Street” frappe par l’efficacité de sa simplicité, une anodine ligne de basse, 4 accords au total, un Iggy Pop chantant aussi élégamment qu’abruptement. Mais ca marche et ca bouge! Enchainé juste âpres, “Loose”. Et la, l’auditeur ne peut qu’être choqué par le plagiat flagrant des non-moins mythiques Deep Purple sur “Smoke on the Water”. “Loose”, en dépit de son habillage et sa structure Classic Rock, nous fait baigner dans un magma électrique si caractéristique du son du groupe. Avec “TV Eye”, on commence a saisir que cet album ne cessera pas de nous faire trembler le thermomètre adrenalinique. Les initiés verront directement la connexion entre le riff et Rage Against the Machine sur “Sleep now in the Fire”. Iggy se révélera dans cette chanson comme le “gueuleur” inimitable de sa génération, pas même atteint par Robert Plant ni Jim Morrison. Pour finir, une étonnante surprise conclut le decrescendo. Apres une parfaite triade heavy, nous prenons le train galactique avec “Dirt”, la “ballade” planante de l’album. Le savant jeu de batterie de Scott donne cette originalité typique de la chanson, qui une nouvelle fois baigne dans un environnement rude, indomptable La face B reprend très fort avec la chanson titre 1970, heavy punk par excellence. D’emblée le signal de batterie règle l’horloge pour nous prendre malgré nous dans un train infreinable. La crudité ne peut empêcher de séduire. L’hymne “I Feel Alright” sera repris par une nuée de futurs apprentis. Et pour ajouter a l’inattendu, la déferlante finit sur un solo de saxophone rare pour le genre. Funhouse est un jam Stooges qui porte bien son titre. Pendant 5 minutes endiablées, l’exact même rythme se répète sans jamais vraiment se répéter. Les musiciens se donnent a cœur joie avec un blues décompressant. Finalement, LA Blues, ou comment traumatiser subtilement l’auditeur. Une incroyable expérimentation psychédélique qui défie les oreilles de l’auditeur donne l’annonce a la descente aux enfers made in Stooges. Les inconditionnels de Nirvana reconnaitront la marque du maitre Cet album aura influencé plusieurs génies des décennies suivants, y compris les New York Dolls, les Ramones, et en particulier un certain Kurt Cobain, dont les cris si particulièrement stridents et arrachés n’ont finalement rien de neuf. Il est ironique de constater que cet album, initialement froidement accueilli, va entrer progressivement dans la légende d’une dimension mythique, jamais usé ni lassé.
TracklistSide one:
Side two:
Membres# Iggy Pop - vocals, mixer# Dave Alexander - bass # Ron Asheton - guitar # Scott Asheton - drums # Steve MacKay - saxophone
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